Le 26 juin dernier, le monde entier a commémoré la 28ᵉ Journée internationale de soutien aux victimes de la torture. À cette occasion, le Groupe Local Justice d’Amnesty International Togo a organisé un webinaire, le vendredi 27 juin, sur le thème : « La torture, un crime imprescriptible », avec comme principal intervenant le Président d’Amnesty International Togo, Dr Moïse AKEBIM.
Qu’est-ce que la torture ?
La torture désigne tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, sont intentionnellement infligées à une personne par une autorité ou avec son consentement, notamment pour obtenir des aveux, la punir, l’intimider ou exercer un pouvoir de contrôle.
Trois critères fondamentaux permettent de qualifier un acte de torture :
- L’intention : l’acte doit être volontaire et délibéré.
- Le but recherché : obtenir des aveux, infliger une punition, ou exercer une intimidation.
- L’implication d’un agent de l’État (ou de toute personne agissant en son nom).
Lorsque ces trois conditions ne sont pas réunies, on parle plutôt de traitements cruels, inhumains ou dégradants, mais pas de torture au sens juridique strict.
« La préservation de la dignité humaine n’a pas de prix. Exiger le respect de cette dignité en s’opposant à la torture, sous toutes ses formes, est non négociable. » Dr Moïse AKEBIM
La torture, un crime imprescriptible
La torture est un crime contre l’humanité. Contrairement à d’autres infractions, elle est imprescriptible : cela signifie que ses auteurs peuvent être poursuivis à tout moment, indépendamment du temps écoulé depuis les faits.
Aucune autorité, aucune justification, aucune situation d’urgence ne peut légitimer cet acte. Elle est formellement interdite par le droit international des droits humains et ne saurait avoir de place dans une société respectueuse de la dignité humaine.
Quels mécanismes pour prévenir la torture ?
Plusieurs instruments juridiques existent aux niveaux national, régional et international pour prévenir la torture et garantir justice aux victimes. Parmi eux :
- La Convention des Nations Unies contre la torture (1984),
- Le Comité contre la torture (CAT),
- La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples,
- La Constitution togolaise,
- La Cour pénale internationale (CPI).
Ces mécanismes ont pour objectif non seulement de sanctionner les auteurs d’actes de torture, mais aussi d’accompagner les survivants dans leur processus de reconstruction et de justice.
Pourquoi une Journée internationale de soutien aux victimes de la torture ?
Instituée par les Nations Unies en 1997, la Journée internationale de soutien aux victimes de la torture est célébrée chaque 26 juin. Elle commémore l’entrée en vigueur, en 1987, de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.
Les objectifs de cette journée sont multiples :
- Sensibiliser le grand public aux réalités et conséquences de cette pratique,
- Rappeler les engagements des États à la prévenir et à la combattre,
- Manifester une solidarité mondiale envers les victimes et survivants de torture.
La torture est une atteinte grave et irréversible à la dignité humaine. En tant que crime imprescriptible, elle doit être dénoncée, poursuivie et réparée. La société civile, les États, les organisations internationales et chaque citoyen ont un rôle essentiel à jouer pour prévenir la torture et soutenir ses victimes.

