Demandez la libération immédiate de l’activiste Serrote José de Oliveira (General Nila)

L’activiste angolais Serrote Oliveira, âgé de 34 ans, également connu sous le nom de « Général Nila », a été arrêté le 28 juillet 2025 alors qu’il se rendait à l’hôpital pour rendre visite à un proche, le premier jour de la grève des chauffeurs de taxi en Angola. Il a été blessé par balle par les forces de sécurité, puis arrêté et privé de soins médicaux. Il est toujours en détention, dans des conditions qui suscitent de graves inquiétudes quant au respect des garanties d’une procédure régulière et d’un procès équitable. Soutenez sa libération en appelant les autorités angolaises à respecter ses droits fondamentaux.

Quel est le problème ?

Serrote José de Oliveira (alias « Général Nila »), âgé de 34 ans, est un militant angolais, dirigeant du mouvement UNTRA (Unité nationale pour la révolution totale de l’Angola) et vendeur de livres de rue qui milite depuis longtemps en faveur des droits civils et politiques ainsi que de la protection des militants. Le 28 juillet 2025, aux premières heures des manifestations nationales des chauffeurs de taxi, sa vie a pris un tournant violent et inattendu. Des témoins ont rapporté que, alors qu’il se rendait à l’hôpital pour rendre visite à un proche, Serrote documentait les premiers jours de la grève avec son téléphone et conseillait aux gens de rester chez eux. Serrote a été interpellé par un agent en civil qui lui a tiré dans la jambe en pleine rue, le laissant gravement blessé.

Au lieu de recevoir des soins médicaux d’urgence, Serrote a été placé en garde à vue et transféré entre plusieurs établissements, notamment le poste de commandement de Talatona et l’hôpital Vila Gamec. Il a ensuite été conduit à l’hôpital général de Luanda, avant d’en être retiré par les autorités sans avoir reçu de certificat médical officiel. Le lendemain, il a été transféré au SIC (Services d’enquête criminelle) de la province de Luanda, où il est resté sans recevoir les soins dont il avait besoin.

Le 31 juillet 2025, Serrote a enfin comparu devant un juge, qui a immédiatement reconnu la gravité de son état et ordonné son transfert à l’hôpital pénitentiaire de São Paulo, à Luanda. Les agents de police ont refusé d’obtempérer. Ils ont ignoré l’ordonnance judiciaire et l’ont envoyé à la place à la prison de Viana, l’un des principaux établissements pénitentiaires de la capitale. À partir de la mi-août 2025, son état s’est détérioré.

Il a été détenu dans des conditions dégradantes, d’abord dans des tentes de fortune à Viana. En octobre 2025, sans explication ni autorisation judiciaire, il a été transféré en secret à la prison de Calomboloca, située à environ 75 à 80 kilomètres à l’est de la ville de Luanda, en dehors de la province de Luanda, dans un endroit plus isolé, ce qui a considérablement compliqué l’accès pour les membres de sa famille, ses avocats et le suivi médical. Sa famille a dû lui faire parvenir des médicaments en détention afin qu’il puisse soigner lui-même sa plaie, les autorités ayant refusé d’appliquer l’ordonnance du tribunal relative aux soins médicaux. Malgré ces conditions, son état de santé s’est progressivement amélioré. Il se porte désormais bien.

Les autorités affirment qu’il est soupçonné d’avoir commis le délit d’entrave à la prestation des services publics, tel que prévu et puni par l’article 4 de la loi n° 13/24 du 29 août, relative aux infractions de vandalisme contre les biens et services publics, mais aucune preuve ni aucun mandat d’arrêt valide n’ont jamais été présentés. Ses avocats se sont vu refuser à plusieurs reprises l’accès au dossier, ce qui porte atteinte à son droit à la défense. Ils ont déposé une requête en habeas corpus en août 2025, puis ont demandé la levée de la détention préventive ; l’une a été rejetée, l’autre ignorée.

Le cas de Serrote illustre l’escalade de la répression et des pratiques autoritaires à l’encontre des militants en Angola. Les coups de feu tirés contre lui, le non-respect des ordonnances judiciaires et sa détention arbitraire en cours révèlent un système qui punit et réduit au silence la dissidence en toute impunité. Après avoir passé des années à défendre d’autres personnes prises pour cible en raison de leur militantisme, notamment pour avoir organisé des manifestations à Luanda, Serrote est désormais devenu la victime du système même contre lequel il luttait.

Il convient de noter que les accusations portées contre lui s’appuient sur une nouvelle loi adoptée en 2024 visant les « actes de vandalisme », une loi dont la société civile craignait qu’elle ne soit utilisée pour criminaliser la contestation et réduire les militants au silence. Le cas de Serrote illustre désormais parfaitement ces craintes.

Cette préoccupation a depuis été confirmée au niveau constitutionnel. En décembre 2025, la Cour constitutionnelle d’Angola a examiné la loi de 2024 relative aux infractions de vandalisme contre les biens et services publics et a déclaré plusieurs de ses dispositions inconstitutionnelles. La Cour a estimé que des articles clés violaient des principes constitutionnels fondamentaux, notamment la sécurité juridique, la proportionnalité, la dignité humaine et la protection des droits fondamentaux. Cette décision jette un sérieux doute sur la légalité des poursuites et des détentions fondées sur ces dispositions, sapant davantage le fondement des accusations portées contre Serrote et mettant en évidence l’utilisation abusive plus générale de la loi pour réprimer la dissidence pacifique et l’activisme civique.

Ce que vous pouvez faire

Demandez la libération immédiate de General Nila et que les autorités communiquent, sans délai, la base légale et les éléments de preuve invoqués pour justifier sa détention. Dans l’attente de sa libération, appelez les autorités à garantir le plein respect des garanties d’une procédure régulière, y compris l’accès à un avocat et au dossier.